Aller au contenu
Mental Loadless

Méthodologie

La science derrière la mesure de la charge mentale

En bref : Le MLI (Mental Load Index) est l'indice de Mental Loadless qui mesure, de 0 à 100, la part de la charge mentale d'un foyer portée par chaque adulte. Il pondère chaque tâche selon la phase assumée du cycle de Daminger — anticiper 1,5, monitorer 1,25, identifier 1, décider 0,75, exécuter 0,5 — et sa méthode est publiée.

Nous mesurons quelque chose que personne ne mesurait : qui anticipe, qui vérifie, qui porte le foyer dans sa tête. Voici le modèle scientifique, les pondérations exactes, les mots que nous nous interdisons, et les travaux universitaires sur lesquels tout cela repose.

Par · mis à jour le

Le point de départ : le cycle de Daminger (2019)

En 2019, la sociologue Allison Daminger publie dans l'American Sociological Review une analyse qui change la façon de parler de la charge mentale. Plutôt qu'un bloc vague de « travail invisible », elle décrit un cycle cognitif en quatre à cinq phases que traverse chaque tâche domestique :

  1. Anticiper — repérer un besoin futur avant qu'il ne devienne un problème. « Il va falloir inscrire les enfants au centre de loisirs de février. »
  2. Identifier — chercher, comparer, rassembler les options possibles.
  3. Décider — trancher entre ces options.
  4. Exécuter — faire l'action concrète, celle qu'on peut cocher.
  5. Monitorer — vérifier que ça a bien été fait, et rester responsable si ça ne l'a pas été.

L'apport décisif de ce découpage : les phases ne se répartissent pas de la même façon dans un couple. L'exécution est souvent la plus partagée. L'anticipation et le monitoring, presque jamais. C'est là que se loge l'écart entre « on partage tout » et l'épuisement d'un seul des deux.

Mental Loadless mesure la charge mentale phase par phase. C'est toute la différence entre compter des actions et comprendre qui porte le foyer.

Pourquoi une todo-list ne mesure rien

Une liste de tâches enregistre qui a fait quoi. C'est une information exacte, et c'est la mauvaise.

Prenons une tâche réelle : inscrire l'enfant à la cantine. B y pense en septembre, B cherche le formulaire, B décide du nombre de jours, B rappelle à A d'aller le déposer, A le dépose, B vérifie le lundi que l'inscription est bien passée. Dans une todo-list, la ligne est cochée par A.

Une tâche exécutée par A mais pensée, planifiée et vérifiée par B est une charge de B. C'est ce que capture le graphe cognitif de Mental Loadless : chaque tâche porte, en plus de son exécutant, qui l'a anticipée, identifiée, décidée et contrôlée. À quoi s'ajoutent son domaine (8 domaines de vie), sa cadence, son poids émotionnel, et le standard négocié — « c'est fait quand… », défini à deux, qui désamorce le re-contrôle décrit par Mederer dès 1993.

Et ce sans rien vous demander de plus

Le risque évident d'un tel modèle serait de rendre la création d'une tâche insupportable. Il n'y a aucun champ supplémentaire à remplir : le créateur est présumé anticipateur, l'assigné est présumé exécutant, le reste est inféré, puis affiné par une passe hebdomadaire heuristique qui n'utilise aucune IA. Un questionnaire d'entrée de 12 questions établit le référent probable de chaque domaine. Vous utilisez l'app normalement ; la mesure se construit derrière.

Le MLI : une méthodologie publiée, pas une boîte noire

Le MLI (Mental Load Index) exprime la part de la charge mentale du foyer portée par chaque adulte, sur une échelle de 0 à 100 dont la somme fait 100. « On est à 68/32 » est une phrase que l'on peut dire à voix haute — c'est voulu.

Le calcul multiplie, pour chaque phase possédée : le poids de la phase, le poids de la cadence, le poids du domaine, et le poids émotionnel de la tâche ; le tout est ensuite normalisé.

Les pondérations, version 1.0

PhasePoids v1.0Ce qu'elle recouvre
Anticiper1,5Repérer un besoin avant qu'il ne devienne un problème
Monitorer1,25Vérifier que c'est fait, et bien fait
Identifier1,0Chercher et comparer les options
Décider0,75 — 0 si la décision est prise à deuxTrancher entre les options
Exécuter0,5Faire la tâche

Deux facteurs multiplient ensuite ce poids : la cadence de la tâche (ponctuelle ×1,3, quotidienne ×1,0) et son poids émotionnel (léger ×0,5, neutre ×1, lourd ×1,5). En version 1.0, les huit domaines de vie pèsent tous 1,0.

L'exécution pèse le moins. C'est un renversement assumé par rapport à toutes les applications d'organisation familiale, qui comptent précisément l'inverse. Une décision prise réellement à deux compte pour zéro de chaque côté : un arbitrage partagé n'est une charge pour personne.

Ces chiffres ne sont pas un secret commercial. La méthodologie est versionnée (v1.0), et publiée dans l'application elle-même, sur l'écran de méthodologie. Vous pouvez la lire, la contester, et savoir exactement ce qui a changé quand elle évoluera. Une mesure qu'on ne peut pas auditer ne mérite pas la confiance qu'elle demande.

Le calcul est fait côté serveur, par instantané hebdomadaire, et le ressenti déclaré est chiffré.

Un calcul de bout en bout : l'inscription à la cantine

Reprenons l'inscription à la cantine. C'est une tâche ponctuelle (×1,3), de poids émotionnel neutre (×1). B l'anticipe, l'identifie, la décide et la vérifie ; A l'exécute.

PhaseQuiCalculPoints
AnticiperB1,5 × 1,31,95
IdentifierB1,0 × 1,31,30
DéciderB0,75 × 1,30,975
ExécuterA0,5 × 1,30,65
MonitorerB1,25 × 1,31,625

Le foyer totalise 6,5 points sur cette tâche. B en porte 5,85, soit un MLI de 90 ; A en porte 0,65, soit un MLI de 10. Sur l'indice d'équité, qui ne regarde qu'anticiper et monitorer, B porte 100 %. Une todo-list, elle, aurait crédité A de la tâche.

Si A et B avaient fixé ensemble le nombre de jours, la décision compterait zéro pour chacun : B passerait à 88,2 et A à 11,8. Sur un foyer réel, le calcul est le même, additionné sur toutes les tâches, puis chaque part est ramenée sur 100.

L'indice d'équité : anticipation et contrôle, rien d'autre

À côté du MLI global, un second indicateur ne regarde que deux phases : anticiper et monitorer. Jamais l'exécution.

C'est la réponse chiffrée à la phrase la plus fréquente des consultations de couple : « je fais tout dans ma tête, même quand c'est lui — ou elle — qui exécute ». Tant que l'exécution est comptée avec le reste, cette expérience est statistiquement invisible. En l'isolant, elle devient une donnée.

L'équité n'est pas mesurée contre un idéal à 50/50. Le couple fixe sa propre cible — un 60/40 assumé pendant une période chargée est un choix légitime — et l'app mesure l'écart à cette cible. Un 70/30 choisi et tenu est un contrat honoré, pas un problème. Une période de déséquilibre peut même être déclarée explicitement, de deux semaines à six mois, sans aucun champ « motif » à remplir : pendant ce temps, les bannières et les rappels se taisent. L'app ne culpabilise jamais une asymétrie consentie.

La perception croisée : trois chiffres au lieu d'un

Une fois par mois, chacun estime deux choses avec deux curseurs : la part qu'il pense porter, et la part qu'il pense que l'autre porte. Ces estimations sont ensuite mises en regard de la mesure.

  • Ce que je crois porter
  • Ce qu'on croit que je porte
  • Ce qui est mesuré

L'écart entre ces trois chiffres est souvent plus instructif que la mesure seule. Il transforme un désaccord (« mais si, j'en fais autant que toi ») en objet observable, extérieur aux deux personnes. Ce n'est plus votre parole contre la sienne : c'est trois nombres sur un même écran.

S'y ajoute un signal de tendance : un check-in hebdomadaire de 30 secondes (rumination, énergie, satisfaction) et une courbe sur huit semaines. En dessous de deux points de mesure, l'app n'affiche rien plutôt qu'un « stable » qui n'existe pas. Les check-ins sont chiffrés.

Le vocabulaire choisi — et celui qui est interdit

Mesurer la répartition d'une charge dans un couple est un geste délicat. Le choix des mots n'est pas de la décoration : c'est une partie du produit, et il est appliqué automatiquement sur les textes de l'app, dans les neuf langues.

Les mots interdits

  • « Score », « classement », « moins que », « devrait » — tout ce qui installe une note, un gagnant et un fautif
  • Tout vocabulaire clinique : burn-out, dépression, diagnostic, symptôme. Une application n'a pas à poser d'étiquette médicale sur une personne

Les mots du produit

  • Répartition et équilibre. Une charge se répartit ; elle ne se gagne pas.

Le positionnement tient en une phrase, et il structure toutes les décisions produit : l'app mesure et organise ; le professionnel interprète. Nous fournissons des chiffres exploitables et un vocabulaire neutre. Le sens de ces chiffres dans votre histoire de couple appartient à vous — et, si vous le souhaitez, à un thérapeute ou un médiateur.

L'export praticien : sortir la mesure du téléphone

Un PDF factuel d'une à deux pages, généré côté serveur, résume le mois écoulé : MLI, équité par rapport au contrat que vous avez fixé, perception croisée, check-ins, transferts de domaine. Il est conçu pour être posé sur la table d'un thérapeute de couple ou d'un médiateur familial, à la place dès vingt minutes qu'on passe habituellement à essayer de résumer.

Il porte un avertissement explicite : l'app mesure, le professionnel interprète. Il est produit à partir des mêmes données que le rapport mensuel affiché à l'écran — le PDF ne peut donc pas raconter une autre histoire que ce que vous avez déjà vu. Il est disponible en neuf langues, et il est strictement mono-foyer : même en co-parentalité, il ne contient jamais les données de l'autre parent.

Le baromètre collectif : la mesure au-delà d'un foyer

Les foyers qui le souhaitent peuvent contribuer à un baromètre collectif anonyme : des distributions agrégées, calculées une fois par mois, qui donnent une vision de la charge mentale des familles à l'échelle de la base d'utilisateurs.

  • Opt-in strict : deux interrupteurs distincts (recherche académique / baromètre). L'absence de réponse vaut refus — jamais un consentement par défaut. Révocable en un tap.
  • K-anonymat : rien n'est publié en dessous de 10 foyers dans une catégorie. Une statistique qui permettrait de reconnaître une famille n'est pas une statistique, c'est une fuite.
  • Aucune donnée individuelle ne sort, jamais.

L'objectif à terme est un état des lieux annuel de la charge mentale des familles, publié et méthodologiquement défendable. Il ne sortira que quand les seuils seront réellement atteints.

Voir la mesure sur votre propre foyer

Mental Loadless est disponible sur l'App Store et Google Play, en 9 langues, hébergée dans l'Union européenne. La méthodologie complète, avec ses pondérations et sa version, est consultable dans l'app avant même que vous n'ayez de données.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que le MLI ?

Le MLI (Mental Load Index) est un indice de 0 à 100 qui exprime la part de la charge mentale d'un foyer portée par chaque adulte ; la somme des parts fait 100. Il compte qui anticipe, identifie, décide, exécute et vérifie chaque tâche, pas seulement qui la fait.

Pourquoi l'exécution pèse-t-elle le moins dans le MLI ?

Parce que l'exécution est la phase la plus visible et la plus partagée, alors que l'anticipation et la vérification restent le plus souvent portées par une seule personne. Le MLI pondère donc exécuter à 0,5 et anticiper à 1,5, à l'inverse des applications qui comptent les tâches cochées.

Le MLI désigne-t-il qui en fait le moins ?

Non. Le MLI décrit une répartition, pas un classement : il n'y a ni gagnant ni fautif. Le couple fixe sa propre cible — un 60/40 assumé pendant une période chargée est un choix légitime — et l'app mesure l'écart à cette cible, pas à un idéal imposé.

Le MLI est-il calculé par une intelligence artificielle ?

Non. Le calcul est déterministe : des pondérations publiées, appliquées côté serveur à un instantané hebdomadaire. La passe qui affine l'attribution des phases est heuristique et n'utilise aucune IA. Le même foyer produit donc toujours le même résultat.

Où lire la méthode complète du MLI ?

Sur cette page, et dans l'application, sur l'écran de méthodologie. La méthode est versionnée (v1.0) : toute évolution d'une pondération change le numéro de version, et chaque mesure enregistre la version qui l'a calculée.

Sources

  1. Daminger, A. (2019). « The Cognitive Dimension of Household Labor ». American Sociological Review, 84(4) — le cycle anticiper, identifier, décider, exécuter, monitorer.
  2. Weeks, S. & Ruppanner, L. (2024). « A typology of US parents' mental loads: Core and episodic cognitive labor ». Journal of Marriage and Family — la distinction entre charge cognitive quotidienne et ponctuelle.
  3. Dean, L., Churchill, B. & Ruppanner, L. (2022). « The mental load: building a deeper theoretical understanding of how cognitive and emotional labor overload women and mothers ». Community, Work & Family, 25(1).
  4. Mederer, H. J. (1993). « Division of Labor in Two-Earner Homes: Task Accomplishment versus Household Management ». Journal of Marriage and Family, 55(1) — l'origine du standard négocié.
  5. Haicault, M. (1984). « La gestion ordinaire de la vie en deux ». Sociologie du travail, 26(3) — le texte fondateur francophone de la charge mentale.

Télécharger gratuitement

Sans carte bancaire