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Mental Loadless
·16 min

Peut-on mesurer la charge mentale ? Ce que dit la recherche

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En bref. La charge mentale résiste aux mesures classiques : elle ne prend pas de temps visible, elle se fait en pensant à autre chose, et chacun l'évalue à sa façon. Depuis quarante ans, la recherche a pourtant appris à la décrire, à la découper en étapes, puis à la mesurer par questionnaire. Le Mental Load Index (MLI) de Mental Loadless reprend ces résultats et en fait une mesure de répartition : publiée, chiffrée, vérifiable. Cet article raconte ce que dit la recherche, chaque choix du MLI qui en découle, un calcul complet sur un foyer type, et les limites que nous assumons.

Dimanche soir, Camille pense au rappel de vaccin de la petite. Sam, lui, a fait les courses, préparé les dîners, déposé le sac de piscine et emmené la petite chez le médecin. Sur une liste de tâches, Sam a tout fait. Dans la tête de Camille, pourtant, la semaine a été longue.

Les deux récits sont vrais. Le problème, c'est que nos outils de mesure n'en voient qu'un.

Le problème : un travail qui ne prend pas de temps visible

Pendant des décennies, le travail domestique s'est mesuré en minutes. Les enquêtes d'emploi du temps demandent de remplir un carnet : à 18 h 10, je cuisine ; à 18 h 40, je baigne les enfants. Cette méthode est précise pour les tâches physiques. C'est grâce à elle qu'on sait qu'en France, en 2010, les femmes effectuaient 71 % des tâches ménagères et 65 % des tâches parentales [2].

Elle est en revanche presque aveugle au reste. Penser au vaccin en cuisinant n'apparaît nulle part : le carnet note « cuisine ». Vérifier mentalement que le sac de piscine est prêt pendant une réunion n'apparaît nulle part non plus. Ce travail se fait en parallèle d'autre chose, par fragments de quelques secondes, à toute heure. Il ne laisse pas de trace dans un emploi du temps.

L'intuition n'est pas neuve. On attribue généralement l'expression « charge mentale » à la sociologue Monique Haicault, qui publie en 1984 dans Sociologie du travail un article sur la gestion simultanée de la vie professionnelle et de la vie domestique [1]. En 1993, un article du Journal of Marriage and the Family distingue dès son titre deux choses que les enquêtes confondaient : accomplir les tâches et gérer le foyer [3]. Le mot était posé, la distinction aussi. Il manquait les outils pour mesurer.

Ce que la recherche a réussi à mesurer

Décrire avant de compter : les entretiens

La percée vient d'une méthode qualitative. En 2019, la sociologue Allison Daminger publie dans l'American Sociological Review une étude fondée sur 70 entretiens approfondis avec les membres de 35 couples [4]. Elle propose une définition opérationnelle du travail cognitif domestique, en quatre étapes :

  1. Anticiper un besoin avant qu'il ne se manifeste.
  2. Identifier les options pour y répondre.
  3. Décider entre ces options.
  4. Surveiller que le besoin est bien satisfait.

L'exécution, la partie physique et visible, vient s'y ajouter. Daminger décrit ce travail comme éprouvant, souvent invisible pour les deux partenaires, et source de conflits. Dans son échantillon, les femmes en font davantage, en particulier l'anticipation et la surveillance. La décision, elle, est plus également partagée [4]. Ce résultat compte beaucoup pour la mesure : il dit que toutes les phases ne se valent pas du point de vue de l'inégalité. (Nous avons consacré un article entier au cycle de Daminger.)

Saisir la pensée sur le moment

D'autres chercheurs ont tenté de capter ce travail au moment où il se produit. En 2014, Shira Offer utilise l'échantillonnage d'expérience : 402 mères et 291 pères reçoivent des signaux aléatoires dans la journée et notent, sur le moment, à quoi ils pensent [5]. Plus de 27 000 signaux au total. Le résultat est subtil : mères et pères pensent aussi souvent aux affaires familiales, mais ces pensées ne pèsent sur le bien-être que chez les mères [5]. Autrement dit, la fréquence ne dit pas tout : un même travail mental ne coûte pas la même chose à tout le monde.

Définir précisément ce que l'on mesure

En 2022, Liz Dean, Brendan Churchill et Leah Ruppanner proposent une synthèse théorique de la charge mentale [6]. Ils la définissent comme l'addition d'un travail cognitif et d'un travail émotionnel, avec trois propriétés : elle est invisible, sans frontières (elle déborde sur le travail, les loisirs et le sommeil) et sans fin (elle n'est jamais terminée). Ils plaident aussi pour que les grandes enquêtes publiques l'intègrent : aucune mesure standard n'existe encore. Cette définition explique pourquoi une mesure en minutes échoue : on ne chronomètre pas un travail sans frontières.

Mesurer à grande échelle : les questionnaires

Restait à passer à des échantillons plus larges. C'est le rôle des questionnaires, et ils se sont multipliés.

  • Lucia Ciciolla et Suniya Luthar interrogent 393 mères américaines en couple sur 13 tâches de gestion du foyer [7]. 88 % disent organiser surtout elles-mêmes l'emploi du temps de la famille ; 70 % se décrivent comme « le capitaine du navire ». Se sentir seule responsable de cette gestion est associé à une satisfaction plus faible, dans la vie comme envers le partenaire, avec des effets modestes [7].
  • Jenny Wayne et ses collègues construisent, en cinq études, une échelle validée de 9 items de la « charge familiale invisible », en trois dimensions : managériale, cognitive et émotionnelle [8].
  • Ashley Weeks et Leah Ruppanner soumettent 21 tâches cognitives à 3 000 parents américains [9]. L'analyse fait apparaître deux familles distinctes : un travail cognitif quotidien, centré sur le bien-être de la famille et majoritairement porté par les mères, et un travail épisodique (entretien de la maison, finances), davantage porté par les pères.

En 2023, une revue systématique de 31 études fait le point [10]. Le phénomène est décrit de façon convergente, mais les méthodes restent hétérogènes : entretiens, questionnaires, observation, estimations de temps. Il n'existe pas d'instrument de référence unique.

Le piège des chiffres déclarés

Presque toutes ces méthodes reposent sur ce que les gens déclarent. Or la déclaration a des biais bien documentés, et ils touchent la charge mentale de plein fouet.

Le premier est psychologique. En 1979, Michael Ross et Fiore Sicoly décrivent le biais égocentrique, y compris chez des couples mariés : chacun se souvient mieux de ses propres contributions que de celles de l'autre, et s'attribue donc une part plus grande [11]. Ce n'est pas de la mauvaise foi, c'est une propriété de la mémoire.

Le deuxième est mesurable. Quand on compare les questionnaires aux carnets d'emploi du temps, maris et épouses surestiment tous deux leur contribution [12]. Sur les données américaines, les estimations par questionnaire dépassent d'environ 50 % celles des carnets [13]. Et autour d'une naissance, l'écart change la conclusion elle-même : selon les carnets, les femmes ajoutent plus de deux heures de travail par jour, contre 40 minutes pour les hommes ; avec les seuls questionnaires, cette inégalité n'aurait pas été visible [14].

Le troisième est narratif. Daminger a montré en 2020 que des couples attachés à l'égalité décrivent leur façon de se répartir les choses comme neutre, et attribuent un résultat inégal à des compromis de circonstance [15]. On peut se croire à 50/50 sans l'être, de bonne foi.

Ce constat a une conséquence directe pour toute mesure : une seule estimation, d'une seule personne, ne suffit pas. Il faut décomposer le travail en éléments observables, et croiser les regards. Le MLI fait les deux.

Du constat à l'instrument : les choix du MLI

Le Mental Load Index n'invente pas une théorie de la charge mentale. Il traduit ces résultats en un calcul. Chaque choix de conception répond à un constat précis. Le voici, choix par choix.

Choix n° 1 : compter des phases, pas des tâches

Une liste de tâches attribue une tâche à la personne qui l'exécute. Le MLI découpe chaque tâche en cinq phases, les quatre étapes de Daminger plus l'exécution : anticiper, identifier, décider, exécuter, vérifier. Chaque phase peut avoir un porteur différent.

Ce que dit la recherche : l'exécution n'est que la partie visible du travail [4][6]. Une étude de 2025 auprès de 322 mères a noté séparément, pour 30 tâches, qui planifie et qui exécute : la répartition est plus déséquilibrée pour la planification que pour l'exécution [16]. Compter seulement qui fait, c'est mesurer la partie la plus équilibrée.

Choix n° 2 : des poids différents selon la phase

En version 1.0, la méthode publiée attribue ces poids :

PhasePoids
Anticiper1,5
Vérifier1,25
Identifier1,0
Décider0,75
Exécuter0,5

L'anticipation pèse le plus, l'exécution le moins.

Ce que dit la recherche : l'anticipation et la surveillance sont les deux étapes où Daminger observe l'écart le plus net entre partenaires ; la décision est la plus également partagée [4]. L'exécution, elle, est déjà mesurée partout ailleurs, par les enquêtes d'emploi du temps comme par les listes de tâches.

Ce que nous assumons : l'ordre des poids découle de la recherche. Les valeurs exactes (1,5, 1,25…) sont un choix de modélisation, pas des coefficients estimés statistiquement. Nous le disons parce que c'est la différence entre une méthode honnête et une méthode qui se donne l'air d'en savoir plus qu'elle n'en sait.

Choix n° 3 : une décision prise à deux ne pèse rien

Quand une décision est marquée comme prise ensemble, elle n'est comptée à personne. Une décision à deux n'est la charge de personne seule.

Ce que dit la recherche : la décision est l'étape la plus également partagée [4]. Compter une décision commune à l'un des deux fausserait la mesure ; la compter aux deux la gonflerait.

Choix n° 4 : le ponctuel pèse plus que le quotidien

Une tâche épisodique (renouveler une assurance, préparer un anniversaire, un rappel de vaccin) est multipliée par 1,3. Une tâche quotidienne garde un facteur de 1,0.

Ce que dit la recherche : Weeks et Ruppanner identifient le travail cognitif quotidien et le travail épisodique comme deux dimensions distinctes [9]. Ce que nous en déduisons : une tâche quotidienne finit par devenir une routine. Une tâche rare doit être reconstituée à chaque fois, et elle occupe l'esprit longtemps avant l'échéance. Le facteur 1,3 est, là encore, un choix de modélisation. Il ne penche d'ailleurs d'aucun côté : chez Weeks et Ruppanner, l'épisodique est plus souvent porté par les pères.

Choix n° 5 : le poids émotionnel compte

Chaque tâche a un poids émotionnel : léger (×0,5), neutre (×1, la valeur par défaut) ou lourd (×1,5). Penser au vaccin d'un enfant ne pèse pas comme penser aux croquettes du chat.

Ce que dit la recherche : la charge mentale a une dimension émotionnelle, pas seulement cognitive [6][8]. Le travail de penser à un proche, de veiller à son bien-être, ne se résume pas à de la logistique.

Choix n° 6 : une part, pas une note

Pour chaque phase de chaque tâche, la contribution se calcule ainsi :

poids de la phase × cadence × domaine × poids émotionnel

Le facteur de domaine vaut 1,0 pour les huit domaines de vie en version 1.0. Le MLI d'un adulte est ensuite sa part du total du foyer, sur 100. Les MLI d'un foyer font toujours 100.

Pourquoi une part : la recherche ne fournit aucune échelle absolue de la charge mentale [6][10]. Une part ne compare pas votre foyer à celui des voisins. Elle ne dit pas si votre charge est « grande » ou « petite ». Elle dit comment elle se répartit chez vous, et c'est la question à laquelle une mesure peut répondre honnêtement.

Choix n° 7 : un indice à part pour l'anticipation et la vérification

À côté du MLI, l'indice d'équité ne regarde que deux phases : anticiper et vérifier. Jamais l'exécution. Il pondère chaque phase par sa contribution, pas par le simple nombre de tâches.

Ce que dit la recherche : ce sont les deux étapes où l'écart entre partenaires est le plus net [4]. Les isoler, c'est rendre mesurable la phrase « je fais tout dans ma tête, même quand c'est l'autre qui fait ».

Un foyer, six dossiers : le calcul en entier

Reprenons Camille et Sam. Six dossiers ont occupé leur semaine. Pour chacun, voici qui a tenu chaque phase.

DossierCadence · émotionAnticiperIdentifierDéciderExécuterVérifier
Rappel de vaccinponctuel · lourdCamilleCamilleà deuxSamCamille
Courses de la semainequotidien · neutreCamilleSamSamSamCamille
Dînersquotidien · légerSamSamSamSamSam
Assurance habitationponctuel · neutreSamSamà deuxSamSam
Anniversaire de la grand-mèreponctuel · neutreCamilleCamilleCamilleSamCamille
Sac de piscinequotidien · légerCamilleCamilleCamilleSamCamille

Un exemple de calcul : l'anticipation du rappel de vaccin pèse 1,5 (anticiper) × 1,3 (ponctuel) × 1,0 (domaine) × 1,5 (poids émotionnel lourd) = 2,925. Son exécution pèse 0,5 × 1,3 × 1,0 × 1,5 = 0,975.

En faisant le même calcul pour chaque phase, on obtient la contribution de chacun, dossier par dossier :

DossierCamilleSam
Rappel de vaccin7,310,98
Courses de la semaine2,752,25
Dîners02,50
Assurance habitation05,53
Anniversaire de la grand-mère5,850,65
Sac de piscine2,250,25
Total18,1612,15

Le foyer totalise 30,31. Le résultat :

  • MLI de Camille : 59,9. MLI de Sam : 40,1.
  • Indice d'équité (anticiper et vérifier seulement) : Camille 72,5 %, Sam 27,5 %.
  • Une liste de tâches, elle, aurait attribué les six tâches à Sam : 100 % contre 0 %.

Trois lectures du même foyer, trois réponses différentes. Aucune n'est fausse. La liste de tâches mesure l'exécution, et Sam exécute bien tout : c'est du temps et de l'énergie réels. Le MLI mesure l'ensemble du cycle. L'indice d'équité isole les deux phases où les écarts se cachent le mieux.

Notez aussi ce que le calcul ne dit pas. Sam porte entièrement deux dossiers, les dîners et l'assurance, de l'anticipation à la vérification. Le MLI ne désigne aucun coupable. Il montre une répartition, et il montre où elle est déjà équilibrée.

Croiser les regards : trois chiffres au lieu d'un

Le biais égocentrique ne disparaît pas parce qu'on le connaît. Le MLI ne s'en remet donc pas à une seule estimation.

Une fois par mois, chaque adulte estime sur deux curseurs la part qu'il pense porter et la part qu'il pense que l'autre porte. L'app met ces estimations en regard de la mesure. Imaginons que Camille estime porter 75 % et que Sam l'estime à 50 % : l'écran affiche alors « se voit à 75 % · vu par l'autre à 50 % · mesuré 59,9 % ».

Pourquoi trois chiffres ? Parce que l'écart entre les regards est une donnée en soi. Une étude de 2026 a interrogé séparément les deux partenaires de 235 couples : plus ils divergent sur le caractère égal ou non de leur répartition, plus la qualité de leur relation est faible [17]. Mettre ces perceptions côte à côte transforme un désaccord (« j'en fais autant que toi ») en un objet que les deux partenaires peuvent regarder ensemble, de l'extérieur.

Mesurer sans juger

Une mesure de répartition dans un couple est un geste délicat. Trois principes encadrent la façon dont le MLI est présenté.

Pas de note, pas de gagnant. L'app ne range personne et n'emploie aucun vocabulaire de compétition. Une charge se répartit, elle ne se gagne pas.

Pas d'idéal imposé. L'équité n'est pas mesurée contre un 50/50 obligatoire. Le couple fixe sa propre cible. Un 70/30 choisi et tenu est un contrat honoré. Une période de déséquilibre (une naissance, un projet professionnel) peut être déclarée, de deux semaines à six mois, et l'app cesse alors de signaler l'écart.

Pas d'étiquette médicale. Le MLI mesure une répartition, pas un état de santé. L'app mesure et organise ; si vous le souhaitez, un professionnel interprète. Pour cela, un export PDF du mois peut être apporté à un thérapeute de couple ou à un médiateur familial (la page dédiée aux professionnels explique son contenu).

Ce que le MLI ne prétend pas être

Une méthode sérieuse dit aussi ce qu'elle ne fait pas.

  1. Ce n'est pas un instrument psychométrique validé. Le MLI n'a pas fait l'objet d'une étude de validation sur un échantillon, à la différence d'une échelle comme celle de Wayne et ses collègues [8]. Il applique des résultats publiés ; il ne les remplace pas.
  2. Ses pondérations sont un choix de modélisation. Leur ordre suit la recherche, pas leurs valeurs exactes. C'est pour cela qu'elles sont publiées, et que chaque mesure enregistre la version de la méthode qui l'a calculée. Si un poids change, la version change.
  3. Il mesure une part, pas un volume. Deux foyers peuvent avoir le même 60/40, l'un avec trois dossiers en cours, l'autre avec trente. Le MLI ne dit pas lequel est le plus chargé. Or le volume compte aussi : une étude auprès de 265 couples a montré que les heures passées aux tâches à horaire imposé (repas, linge, courses du quotidien) sont associées au mal-être, et que c'est leur quantité absolue qui pèse, pas la part de chacun [18].
  4. Il reste une mesure déclarée. Il dépend de ce que le foyer saisit, et de la façon dont les tâches sont nommées : on sait que le libellé des questions influence les contributions déclarées [9]. Pour ne pas demander cinq réglages par tâche, l'app propose des porteurs par défaut, que chacun corrige. Une tâche jamais saisie n'existe pas pour le MLI.
  5. Il ne mesure pas le temps. Une tâche longue et une tâche brève pèsent pareil, à phase, cadence et émotion égales. Les enquêtes d'emploi du temps restent le bon outil pour ça.
  6. La recherche sur laquelle il s'appuie a ses propres limites. Les échantillons sont surtout nord-américains, de classe moyenne et hétérosexuels [7][10], et les effets mesurés sont souvent modestes [7]. Ces études décrivent des associations, pas des causes.

Ce qui reste à mesurer

La recherche sur la charge mentale avance vite, et beaucoup de questions restent ouvertes. Comment évolue la répartition après une naissance, une séparation, une garde alternée ? Le transfert d'un domaine entier tient-il dans la durée ? Les foyers qui fixent une cible explicite s'en rapprochent-ils ?

Les foyers qui le souhaitent peuvent contribuer à un baromètre collectif anonyme : un consentement explicite, révocable à tout moment, et aucune statistique publiée en dessous de dix foyers par catégorie. C'est notre façon de rendre à la recherche un peu de ce qu'elle nous a donné.

Pour aller plus loin

Dans l'app, le MLI se calcule tâche par tâche et dans la durée, à partir de ce que votre foyer fait vraiment. La méthode est consultable dans l'app avant même que vous ayez saisi une seule tâche.

Sources

  1. Haicault, M. (1984). La gestion ordinaire de la vie en deux. Sociologie du travail, 26(3), 268-277. doi.org/10.3406/sotra.1984.2072
  2. Champagne, C., Pailhé, A., & Solaz, A. (2015). Le temps domestique et parental des hommes et des femmes : quels facteurs d'évolutions en 25 ans ? Économie et Statistique, 478-479-480. insee.fr
  3. Mederer, H. J. (1993). Division of Labor in Two-Earner Homes: Task Accomplishment versus Household Management as Critical Variables in Perceptions about Family Work. Journal of Marriage and the Family, 55(1), 133-145. doi.org/10.2307/352964
  4. Daminger, A. (2019). The Cognitive Dimension of Household Labor. American Sociological Review, 84(4), 609-633. doi.org/10.1177/0003122419859007
  5. Offer, S. (2014). The Costs of Thinking About Work and Family: Mental Labor, Work-Family Spillover, and Gender Inequality Among Parents in Dual-Earner Families. Sociological Forum, 29(4), 916-936. doi.org/10.1111/socf.12126
  6. Dean, L., Churchill, B., & Ruppanner, L. (2022). The mental load: building a deeper theoretical understanding of how cognitive and emotional labor overload women and mothers. Community, Work & Family, 25(1), 13-29. doi.org/10.1080/13668803.2021.2002813
  7. Ciciolla, L., & Luthar, S. S. (2019). Invisible Household Labor and Ramifications for Adjustment: Mothers as Captains of Households. Sex Roles, 81(7-8), 467-486. doi.org/10.1007/s11199-018-1001-x
  8. Wayne, J. H., Mills, M. J., Wang, Y.-R., Matthews, R. A., & Whitman, M. V. (2023). Who's Remembering to Buy the Eggs? The Meaning, Measurement, and Implications of Invisible Family Load. Journal of Business and Psychology, 38(6), 1159-1184. doi.org/10.1007/s10869-023-09887-7
  9. Weeks, A. C., & Ruppanner, L. (2025). A typology of US parents' mental loads: Core and episodic cognitive labor. Journal of Marriage and Family, 87(3), 966-989. doi.org/10.1111/jomf.13057
  10. Reich-Stiebert, N., Froehlich, L., & Voltmer, J.-B. (2023). Gendered Mental Labor: A Systematic Literature Review on the Cognitive Dimension of Unpaid Work Within the Household and Childcare. Sex Roles, 88(11-12), 475-494. doi.org/10.1007/s11199-023-01362-0
  11. Ross, M., & Sicoly, F. (1979). Egocentric biases in availability and attribution. Journal of Personality and Social Psychology, 37(3), 322-336. doi.org/10.1037/0022-3514.37.3.322
  12. Press, J. E., & Townsley, E. (1998). Wives' and Husbands' Housework Reporting: Gender, Class, and Social Desirability. Gender & Society, 12(2), 188-218. doi.org/10.1177/089124398012002005
  13. Bianchi, S. M., Milkie, M. A., Sayer, L. C., & Robinson, J. P. (2000). Is Anyone Doing the Housework? Trends in the Gender Division of Household Labor. Social Forces, 79(1), 191-228. doi.org/10.2307/2675569
  14. Yavorsky, J. E., Kamp Dush, C. M., & Schoppe-Sullivan, S. J. (2015). The Production of Inequality: The Gender Division of Labor Across the Transition to Parenthood. Journal of Marriage and Family, 77(3), 662-679. doi.org/10.1111/jomf.12189
  15. Daminger, A. (2020). De-gendered Processes, Gendered Outcomes: How Egalitarian Couples Make Sense of Non-egalitarian Household Practices. American Sociological Review, 85(5), 806-829. doi.org/10.1177/0003122420950208
  16. Aviv, E. C., Waizman, Y. H., Kim, E., Liu, J., Rodsky, E., & Saxbe, D. (2025). Cognitive household labor: gender disparities and consequences for maternal mental health and wellbeing. Archives of Women's Mental Health, 28(1), 5-14. doi.org/10.1007/s00737-024-01490-w
  17. Coundouris, S. P., & Henry, J. D. (2026). A dyadic examination of the division of household labor and relationship quality from a tri-load perspective. Scientific Reports. doi.org/10.1038/s41598-026-60727-z
  18. Barnett, R. C., & Shen, Y.-C. (1997). Gender, High- and Low-Schedule-Control Housework Tasks, and Psychological Distress: A Study of Dual-Earner Couples. Journal of Family Issues, 18(4), 403-428. doi.org/10.1177/019251397018004003
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Questions fréquentes

Peut-on vraiment mesurer la charge mentale ?
Pas avec un chronomètre : elle se déroule en arrière-plan, pendant d'autres activités, et les enquêtes d'emploi du temps la voient mal. La recherche l'a d'abord décrite par entretiens, puis mesurée par questionnaires. Ce qu'on peut mesurer de façon utile, c'est sa répartition : qui anticipe, qui cherche, qui décide, qui fait, qui vérifie, tâche par tâche.
Qu'est-ce que le Mental Load Index (MLI) ?
C'est la méthode de mesure de Mental Loadless. Chaque tâche du foyer est découpée en cinq phases (anticiper, identifier, décider, exécuter, vérifier). Chaque phase a un poids publié, multiplié par la cadence de la tâche et son poids émotionnel. Le MLI de chaque adulte est sa part du total du foyer : les MLI d'un foyer font toujours 100.
Pourquoi l'exécution compte-t-elle si peu dans le MLI ?
Parce que c'est la seule phase que tout le monde voit déjà, et la seule que les listes de tâches comptent. L'anticipation et la vérification sont les phases où la recherche observe les écarts les plus nets entre partenaires. Le MLI leur donne plus de poids, et l'indice d'équité ne regarde qu'elles.
Le MLI est-il un outil validé scientifiquement ?
Non, et nous ne le présentons pas ainsi. Le MLI applique des résultats de recherche publiés, mais ses pondérations sont un choix de modélisation, pas des coefficients estimés sur un échantillon. C'est pour cela qu'elles sont publiées, versionnées et consultables dans l'app : chacun peut les lire et les contester.
Le MLI dit-il si je vais mal ?
Non. Le MLI mesure une répartition, pas un état de santé. Il ne pose aucune étiquette médicale et ne remplace pas l'avis d'un professionnel. Un MLI élevé dit que vous portez une grande part de l'organisation du foyer, pas que vous allez mal.

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